Séquence du film Oui mais

On août 8, 2013 by Fabien et Maitie

Oui maisLa séquence de ce mois-ci correspond aux dix premières minutes du film français « Oui mais », de Yves Lavandier avec Gérard Jugnot et Emilie DequenneCette séquence nous montre avec une certaine légèreté le fonctionnement des jeux psychologiques auxquels nous nous livrons tous, chaque jour de manière inconsciente.

Les jeux psychologiques tels que définis en l’Analyse Transactionnelle (A.T.) par son fondateur Eric Berne, sont des stratégies de l’enfance, dont nous n’avons plus besoin mais que nous répétons à l’âge adulte, du fait d’un processus de conditionnement. Cela se traduit souvent par des échanges verbaux considérés comme anodins mais dans lequel les deux acteurs vont jouer inconsciemment les rôles de Sauveur, de Persécuteur ou de Victime.

Stephen B. Karpman (psychologue américain des années 70) a mis en évidence un modèle de détection et d’analyse de ces jeux psychologiques appelé « Le triangle dramatique », que nous aborderons plus en détail dans l’article du 14 août ; cependant grâce à le séquence filmique du jour, nous allons déjà pouvoir décrypter deux des jeux les plus célèbres : le « sans toi » et le « oui mais ».

 

Le jeu du « Sans toi »

C’est un jeu de couple où l’un des deux, souvent la femme dans un monde patriarcal (et l’homme dans une société matriarcale) amadoue son compagnon dans une posture de victime avec des phrases du type « Je t’ai sacrifié mes meilleurs années… pour ensuite dominer son compagnon grâce à ce début de phrase « Sans toi j’aurais… », où elle prend alors un rôle de Persécuteur (ou bourreau).

 

Etudions cela avec le couple des Laville dans la séquence qui suit: Sans_toi_Oui_mais

Lui : Bonsoir, tu as amené la voiture au garage.

Elle : pas eu le temps

Nous avons ici un appât (le temps), voyons si le joueur 2 va le saisir

Lui : Et… jouer au bridge, t’as eu le temps ?

Bingo, il a pris l’appât, le jeu va pouvoir commencer, et pour lui cela se traduit en étant persécuteur et à son tour il va tenter de relancer un appât

Elle : Les masters ont lieu dans 15 jours

Lui : oui, l’étanchéité des têtes de soupape est plus urgente que tes masters

Continuité en mode persécuteur

Elle : Déjà que je joue pas à mon niveau

Activation du mode victime

Lui : Oh ça va, ne me refait pas le coup du circuit professionnel, j’ai des revenus confortables

Bon mélange de persécuteur puis de sauveur

Elle : ce n’est pas une question de revenu, sans toi je serais déjà classée à l’heure qu’il est

Elle passe en mode persécuteur

Lui : C’est ça ! ben tu ferais mieux de me remercier de t’avoir éviter de cruelles désillusions

Il passe alors en mode bourreau et elle en victime qui pleure.

 

Quelques minutes plus tard, nous comprenons par l’explication de G. Jugnot, que Madame Laville n’a pas choisi par hasard son compagnon de jeu, mais que cela fait écho à un à priori vécu dans l’enfance, qui a été conditionné au point que cela est devenu « normal ». C’est comme cela que nous créons nos croyances limitantes et que nous les aimons, les chérissons et nous voulons absolument les maintenir, car dans bien des cas, elles nous apportent le fait d’exister.

Dans le cadre des séminaires F&M (week-end couple sur les archétypes, ou séminaire sur cette femme que je suis ou encore en séminaire personnalisé)  nous abordons concrètement les croyances limitantes pour apprendre aux gens à se libérer des plus importantes pour vivre plus librement.

 

Un petit exemple pour illustrer ce qu’est une croyance limitante.

ElephanteauAvez-vous déjà vu ces cirques itinérants qui passent de ville en ville ? Avec leurs cages et leurs animaux, leurs caravanes et leur chapiteau.

Vous avez peut-être remarqué parfois un éléphant adulte, attaché à un simple petit piquet avec une corde autour du cou.

Question : pensez-vous vraiment que l’éléphant ne peut pas d’un simple geste se libérer du piquet ? Alors pourquoi ne le fait-il pas ? Certains avancent que c’est parce qu’il ne connaît rien d’autre, d’autres parce qu’il n’est plus sauvage et préfère rester….

La vérité, c’est que lorsqu’il était éléphanteau, il était attaché au même piquet avec la même corde. Il a alors essayé et essayé encore de se défaire du piquet mais en vain. Puis il a grandi, mais sa croyance qu’il ne pouvait défaire le piquet, elle, n’a pas grandi avec lui. Il est aujourd’hui persuadé qu’il ne pourrait pas se défaire du piquet, donc il n’essaye même plus.

Il en est de même pour chacun de nous. Interrogez-vous sur ces croyances que vous aviez plus petit, et qui peut-être n’ont pas grandi alors que vous, vous êtes devenu plus fort ou plus habile. Dans ce cas, pourquoi subir encore ces limitations ?

 

Le jeu du « Oui mais »

C’est un jeu qui touche tous les individus sans distinction aucune et consiste à poser à son partenaire de jeu, un fait comme si celaoui-mais posait problème cependant nous ne cherchons pas de solution à ce problème.

Alors pourquoi jouer à cela ? Tout simplement car il y a un bénéfice. Nous cherchons à obtenir des signes de reconnaissance qui prouvent que nous existons, d’une manière que nous contrôlons parfaitement notre environnement ; en passant tour à tour par des rôles de victime, de bourreau ou de sauveur.

Observons cette magnifique scène du jeu « Oui mais »

 

 

 

 

 

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