Poser une limite ?

On septembre 21, 2013 by Fabien et Maitie

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Savoir poser une limite est considéré aujourd’hui par la plupart d’entre nous comme quelque chose de délicat ou de difficile et voire même pour certains, d’impossible.

En effet, que ce soit avec son ou sa partenaire de vie, avec ses enfants ou au travail, poser une limite soulève bien des craintes. Mais qu’est-ce qui se cache derrière cela et surtout que propose F&M comme alternative à ces limites si controversées ?

 

 

Anecdote

Prenons une anecdote pour mieux comprendre cela. Il y quelques années, Maïtie se sentait désemparée face à certains comportements de ses enfants et je la voyais s’inquiéter et parfois même pleurer. En ma qualité de compagnon, je n’ai nul autorité éducative sur ses enfants, cependant en cette même qualité de compagnon, ce n’est pas ok pour moi, que la femme que j’aime soit affectée régulièrement par ses fameux comportements, au point que cela vienne affecter des temps que nous avons ensemble.

J’ai simplement dit : « Ecoute, en tant qu’humain, leur comportement ne me satisfait pas, cependant je ne suis pas leur père, donc je n’ai pas à intervenir. Je suis ton compagnon, et si tes enfants accaparent ton énergie et te préoccupent, je serais toujours là pour te soutenir jusqu’à ce que tu trouves les solutions qui fassent sens pour toi. En revanche, si tu ne te positionnes pas pour qu’ils restent à leur place et ne te respectes pas face à eux, alors j’agirais en conséquence, non pas en tant que père mais comme compagnon car je ne supportes pas que ma femme ne soit pas respectée et que, de fait, notre relation en pâtisse. Je t’invite donc à poser des limites ou plutôt des frontières fermes, sinon c’est moi qui le ferais, et je le ferais avec toute mon autorité, noble certes, mais toute mon autorité sans faille aucune ».

Ici j’aurais pu avoir peur que Maïtie ne m’aime plus, que ses enfants me détestent, ou que des proches me jugent trop…. ; peu importe, car ne pas le faire est pire.

En effet, me taire alors que je suis en profond désaccord revient à cautionner ce à quoi je n’adhère pas, à me mentir et à affirmer de manière indirecte que c’est moi-même que je n’aime pas, car je ne me respecte pas. Alors comment vais-je demander à un autre de me respecter si je suis le premier à me renier ?

  

CLE F&M : UNE AUTORITE NOBLE AMENE DES FRONTIERES SAINES ET FERMES

Perception de l’autorité 

Depuis notre plus tendre enfance, nous avons grandi et été éduqué par des figures d’autorité qui nous ont posé des règles et des lois à suivre.

Nous avons alors distingué deux types d’autorités :

  • L’autorité noble, qui pose ce qui nous semble juste et qui fait sens pour nous
  • L’autorité coercitive, qui tente d’imposer des choses qualifiées par nous d’injustes et d’incohérentes

Nous avons alors cherché des figures le plus juste possible, à commencer par nos parents, nos professeurs, nos médecins… et à chaque fois que nous étions en phase avec quelqu’un, il devenait pour nous une référence que nous écoutions même si ses propos nous dérangeaient.

C’est pourquoi il en a résulté une sorte de postulat  qui se traduit comme tel : nous posons une autorité noble alors que nous imposons une autorité coercitive.

Mais qu’est-ce qui faisait que nous écoutions ceux-ci plutôt que ceux-là ?

 

Source de l’autorité noble : la cohérence

Accepter une autorité relève de la cohérence. En effet, si Mr Jo vous pose que pour lui ce n’est pas ok qu’il y ait du tapage après 23h car ses enfants n’arrivent plus à dormir et que vous sentez lorsqu’il vous le dit que :

  1. Il ne vous juge pas
  2. Il est sincère et authentique (en accord avec ses propos)
  3. Ses propos sont cohérents avec son langage corporel (en accord avec ses valeurs)

Alors vous allez écouter et changer votre comportement

En revanche, s’il cherche à vous convaincre, s’il vous juge, s’il argumente et se justifie …, alors vous risquez de vous opposer.

Combien de fois avez-vous entendu des enfants qu’un professeur avait puni, vous dire « ce n’est pas juste, en plus il m’a mal parlé » ou «c’était pas si clair que ça, moi j’avais cru que… »

Si vous cherchez à produire un effet alors que rien en vous n’a de véritable conviction sur ce qui est dit, vous risquez de vivre l’amère expérience de ne pas être entendu pour ne pas dire ignoré.

  

Faire respecter ses frontières plutôt que de poser une limite

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Pour F&M, poser une limite peut ouvrir à bien des dérapages car cela est souvent fait avec une autorité coercitive (qui utilise la force) et qui s’appuie sur des peurs ou des croyances. Je pose une limite à l’autre qui donc se sent limité.

En revanche, avoir des frontières fermes et saines en sachant les faire respecter nous semble bien plus approprié même si cela va impliquer un peu plus de travail sur soi et une véritable authenticité dans ce qui va être posé. Quand je respecte mes frontières, j’amène l’autre à prendre en considération ma position et à agir en conséquence.

 

Nos frontières personnelles fonctionnent comme des interfaces cohésives avec le monde extérieur, ce qui nous permet à la fois d’être en lien avec le monde et d’avoir une protection contre ce monde.

 

Mais pourquoi a-t-on peur de poser des limites ou de faire respecter ses frontières ?

Cela tient au fait que si l’on pose une limite à l’autre, il risque de mal le prendre (ou plutôt son ego risque de mal le prendre) et nous croyons alors que la personne va moins nous aimer, faisant de nous quelqu’un de non-aimé voire pire de non-aimable.

Cette crainte pousse bien des couples à ne pas pointer leur désaccord authentiquement et calmement et à bien des parents à ne pas vraiment dire non ou à se sentir coupable en le disant.

Dans le cas où vous posez des frontières saines et fermes, cela veut au préalable dire, que vous avez défini ce qu’est votre territoire (communément appelé la carte de votre monde) et que vous en êtes la seule personne responsable, (donc que vous n’attendez pas qu’on prenne en charge vos besoins). 

C’est ce que fais Fabien en exposant sa position à Maïtie.

 

La carte n’est pas le territoire

« La carte n’est pas le territoire » disait Alfred Korzybski, le père fondateur de la sémantique générale. Chacun de nous voit le monde qui l’entoure avec le filtre de ses croyances. Ainsi si chacun dessinait sa carte du territoire nous aurions une carte satellite, une carte des GR, une carte touristique, une carte des autoroutes… alors que c’est le même territoire et qu’il change alors que nos cartes sont rapidement obsolètes/

Vous regardez le monde avec le prisme de votre personnalité, de votre histoire et de vos humeurs et non comme il est « réellement »

Pour F&M, posséder sa propre carte du monde est capitale, et une « bonne carte du monde » ne s’appuie pas sur des croyances, des peurs ou des dogmes mais uniquement sur des valeurs : vos valeurs.

Plus vous allez être à l’écoute de vous et de vos valeurs, plus vous allez être en paix avec votre représentation du monde (donc la manière dont vous avez envie de vivre) et avec le monde lui-même (donc la réalité qui vous entoure).

 

Les valeurs de votre territoire

On va parler de votre territoire (donc votre manière de voir et de vivre le territoire et non du territoire lui-même) dès que vous aurez carte-frontieredéfini et caractérisé vos valeurs. Cela revient à dire que vous serez en mesure de poser ce qui est fondamental pour vous (comme par exemple l’amour, la douceur, l’honnêteté…),  et de l’expliquer concrètement (à savoir avec des actions précises) à votre entourage sans avoir peur qu’il vous aime moins.

Ex : Stéphane pose qu’il a une valeur de loyauté qui est forte et qui se traduit concrètement pour lui par les actions suivantes : tenir sa parole quand il promet de venir pour un déménagement à 5h du matin ou encore, être physiquement au chevet des gens qu’il aime lorsqu’ils se sentent mal.

 

OUTIL PRATIQUE POUR FAIRE RESPECTER VOS FRONTIERES

  1. Identifier vos valeurs en listant les 20 plus importantes pour vous, puis classez-les de 1 à 20 et obtenez celles qui priment aujourd’hui. (Nous aborderons au travers de nos formations et de certains articles comment mettre à jour sa valeur fondamentale, ses valeurs de base et ses valeurs de phase).
  2. Puis caractériser concrètement ces valeurs (ayez des exemples concrets à proposer en face de chacune des valeurs), ce qui facilitera votre communication avec votre entourage
  3. Vérifiez quand vous posez quelque chose à quelqu’un, votre cohérence générale :
  • Votre corps est en accord (qu’il n’y a pas de tension) sinon, ce que vous direz ne sera pas perçu par l’autre. Il ne recevra que le désaccord entre votre parole et votre langage corporel. Si votre corps est en tension, respirez et laissez circuler l’énergie aux endroits où il y a des tensions.
  • Vous êtes en paix avec ce que vous allez dire, sinon, l’autre le sentira aussi (sûrement à votre intonation). Dans le cas contraire, prenez un moment et utilisez le processus F&M pour retourner ce qui vous gène.
  • Vous assumez ce que vous dites. Cela revient à dire que vous ne cherchez pas à convaincre l’autre du bien fondé de votre propos mais que simplement vous posez votre propos.
  • Vous exposez les conséquences, pour vous et pour la relation à l’autre, du non-respect de ce que vous posez donc de vos frontières.
  • Enfin, vous tenez bon sur les frontières de votre territoire, sinon vous allez laisser l’autre vous envahir et bafouer vos valeurs. Ce qui engendrera chez vous frustration, colère, rancœur et bien d’autre.

      4. Invitez l’autre à en faire de même, surtout si l’autre est votre partenaire de vie. Ainsi vous en apprendrez plus sur son monde et
          sur son fonctionnement.

Voyons une fable pour illustrer tout cela

 

FABLE du RHINO FEROCE ET DU RHINO C’EST ROSE

Dans une contrée d’Afrique à la chaleur torride,

Un seigneur de guerre, faisait naître l’aride,

Sous ses pas assurés et créateurs de vide,

Lorsqu’il vit au lointain un semblable s’amuser.

 

En quelques foulées, les deux rhinos se firent face,rhinoceros

A la fureur, un sourire répondit d’audace,

Offrant au féroce un blasphème qui agace,

« Cessez immédiatement ce rictus imbécile ! »

« Qui de nous deux est l’idiot ? Vous qui vous croyez fort ?

Ou moi qui le sait et qui l’exprime peut-être à tort ? »

« Balivernes, Généraux nous sommes, imposer nous devons ! »

 

A ces mots, le gentil rhino prit de la terre,

De végétal fushia en peinture de guerre,

« Ne vous déplaise, j’assume mon goût pour le rose,

et je vis au-delà de ce que ma forme impose.

 

Morale

Celui qui vit ce qu’il est n’a nul besoin de s’imposer

Car c’est une évidence qu’il se fera respecter.

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