Les submodalités : outil pour éviter les crises de couple !

On novembre 21, 2013 by Fabien et Maitie

koko_le_gorille_qui_parle

La représentation que l’on a du monde ainsi que toutes nos expériences sont codifiées par notre cerveau sous forme de modalités VAKOG (Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif et Gustatif).

Chacune de ces modalités exprime la manière dont nous percevons notre réalité, construisons ce que nous croyons être le monde et bâtissons nos souvenirs. De plus, chacune de ces modalités  possède des paramètres précis qui lui sont spécifiques : c’est ce que l’on appelle les submodalités.

 

 

Anecdote

Stéphane assis devant le feu de cheminée, repense à quelque chose qui lui tient fort à cœur qu’il exprime à sa compagne Rachel. « J’ai une image très claire de la situation. Je sais maintenant ce qui est essentiel pour moi d’accomplir professionnellement cette année et quand j’y pense, tu voies c’est un peu comme dans cette scène du film « Rocky 4 » quand il est en bas de l’escalier et qu’il dit à Adrienne, qu’il a décidé d’aller faire ce combat. Il ne sait pas s’il va gagner mais il sait qu’il doit le faire même au risque de mourir ».
Rachel fronce les sourcils et semble interrogative. Stéphane renchérit de plus belle : « mais si ! C’est vraiment ça ! J’ai cette image en moi, un peu comme Maximus dans Gladiator lorsqu’il décide de répondre à l’empereur et qu’il lui dit qu’il aura sa vengeance dans cette vie ou dans l’autre ». Rachel semble toujours dans l’incompréhension et lance « j’y comprends rien avec tes films, qu’est-ce que tu veux dire exactement ? » Stéphane s’énerve alors et rétorque : « quoi ?! Mais c’est clair ! Je te dis que c’est le moment pour moi de faire ce qui est juste est d’aller au bout de ma vision. Tu voies ce que je veux dire, quand même ? C’est pas compliqué !… ».
« Non ! Mais j’entends bien que cela a l’air important pour toi et que ça résonne comme quelque chose d’essentiel mais je ne perçois là qu’un bourdonnement inaudible, et même si j’ai beau prêter une oreille attentive, ça me parle toujours pas ! ». Stéphane se ferme alors, frustré de ne pas être compris et hermétique à toute nouvelle forme de discussion.

Chacun d’entre eux utilise une submodalité dominante différente, à savoir visuelle pour Stéphane et auditive pour Rachel. Or, dans la vie de couple, si l’un ou l’autre change son canal d’expression, il peut-être compris très rapidement. Surtout le simple changement de code langage permet d’éviter des conflits et de stopper les incompréhensions de communication. Etudions cela plus avant.

 

Historique des submodalités

Les submodalités ont été mises à jour par John Grinder et Richard Bandler qui les utilisaient dans le fonctionnement des protocoles de PNL (plus orienté coaching) tandis que Milton Erickson les utilisait, quant à lui, en hypnose de manière inconsciente et intuitive (alors plus orienté thérapie).

Que ce soit en PNL ou en Hypnose Eriksionnienne, un postulat reste constant : en changeant les submodalités de nos réalités ou de nos souvenirs, nous pouvons modifier presque par magie le rapport émotionnel que nous avons avec ces mêmes réalités et ces mêmes souvenirs, sans avoir pour autant besoin de replonger dedans.

La différence entre ces approches et celle de F&M à ce sujet, tient au fait que Grinder & Bandler ou Erikson avaient convenu d’un système sensoriel privilégié alors que nous, nous sommes persuadés, que selon l’âge et l’évolution de l’individu :

  1. Les prédicats ne s’organisent pas de la même manière
  2. Les modalités et leur structure peuvent évoluer dans le temps

 

Les prédicats ou l’art des mots-clés dans la communication

CléLes prédicats sont les mots qui traduisent un système sensoriel et le champ sémantique qui s’y rapporte.
Exemple : voir, percevoir, entendre, écouter, clair, limpide, fluide….

Pour Stéphane, ses prédicats sont : voir, film, scène, image, vision
Pour Rachel ses prédicats sont : entendre, résonner, bourdonnement, inaudible, oreille, parler.

On parle aussi de tournures prédicatives quand il s’agit de phrases qui traduisent un système sensoriel.
Exemple : j’en ai plein le dos  (kinesthésique), prêter une oreille attentive (auditive),  je peux pas le voir (visuel), ça me parle bien (auditif), …

Pour Stéphane : J’ai une image très claire, c’est une vision, comme cette scène de film, tu voies ce que je veux dire…
Pour Rachel : j’entends bien que, j’ai beau prêter une oreille attentive, cela ne me parle pas…
 

 

Le système sensoriel pour mieux comprendre les autres comme soi-même

Le système sensoriel utilisé est une manière de verbaliser ses représentations mentales au travers de nos 5 sens :

  • Visuel : tu voies ce que je veux dire ? ça flash ! en un clin d’œil,…

    les 5 sens

    Jean Magin

  • Auditif : j’entends bien ce que tu veux me dire ; ça fait écho en moi, …
  • Kinesthésique : je ressens cela, c’est viscéral, c’est physique…
  • Olfactif : ça sent pas bon cette situation, quel agréable parfum de victoire,
  • Gustatif : je goûte ma victoire, j’éprouve une certaine amertume…

 

Or l’olfactif et le gustatif étant plus subtils et donc plus longs à « réagir », l’humain a préféré développer le V.A.K, qui lui permet une interaction plus rapide avec son environnement.

 

L’approche de F&M : comment rendre plus vivante les submodalités?

Les deux systèmes de submodalités :

  1. 1 Fondamentale et 2 complémentaires
  2. 1 dominante, 1 structurante et 1 fondamentale

 

1 fondamentale et 2 complémentaires

Pour nous, l’enfant naît avec un système fondamental et deux systèmes complémentaires.

Modalité fondamentale : le système fondamental correspond est le canal de perceptions le plus puissant chez un individu : il ne peut le contrôler. S’il ne sait pas l’utiliser et qu’il le subit, il va souvent en avoir peur (car elle est plus en lien avec le cerveau intuitif et donc des perceptions sensoriels parfois surprenantes comme les pouvoirs des X-men). Sa vulnérabilité sera mise à l’épreuve au point de considérer cette sensibilité (pour ne pas dire cette hyper-sensibilité) comme un handicap. Il va alors trouver une autre submodalité pour contrôler son environnement sans se sentir vulnérable. On parle alors de submodalité dominante.

En revanche, si son environnement lui apprend à développer cette submodalité fondamentale sans en avoir peur, il va apprendre à maîtriser son « pouvoir » tel un maître Jedi. Il va alors la rayonner. Dès lors, les deux autres submodalités vont venir en soutien et petit à petit il pourra jouer à volonté avec les unes comme avec les autres, même si sa préférence ira vers sa fondamentale, car plus facile à utiliser et plus puissante dans son action.

1 dominante, 1 structurante et 1 fondamentale

Modalité dominante :  si son environnement n’a pas pu l’accueillir et le soutenir dans le développement de sa submodalité fondamentale, l’individu va, en quelque sorte, se protéger du monde en mettant en place une modalité dominante qu’il contrôle. Elle lui permet d’interagir rapidement, en lui garantissant un système de survie.

Modalité structurante :  il va alors avoir besoin de mettre en place une seconde modalité faisant office de traducteur entre cette modalité dominante (donc de contrôle et de survie) et sa modalité fondamentale (donc essentielle et de vie), c’est ce que F&M a appelé une modalité structurante ou modalité « sas ». C’est un passage qui confirme à l’individu qu’il est assez en sécurité pour ressentir et exprimer à son entourage ce qu’il perçoit de manière fondamentale, sans rentrer en panique ou être malmené pour ses propos.

Pour Stéphane : sa modalité dominante est visuelle
Pour Rachel : sa modalité dominante est auditive

 

Une clé de communication efficace

Les 4 utilités phares des submodalités

  • Repérer le système sensoriel de son interlocuteur peut offrir les bénéfices suivants :
  • Eviter les incompréhensions de communication avec des êtres qui nous sont chers et donc les conséquences qui en découlent : conflits, crise…
  • Favoriser une compréhension rapide entre deux interlocuteurs en utilisant le même canal
  • Se synchroniser avec l’autre afin d’être plus en lien et d’avoir des échanges fluides

 

coluche

Lapins cretins © Ubisoft

 

En effet, quand un individu utilise le même canal que vous, cela le rend tout de suite plus sympathique, vous amenant à prononcer des phrases du type : « C’est dingue on est vraiment sur la même longueur d’ondes. » et vous invitant à aller plus loin dans la relation.

 

Outils pratiques au quotidien

Le principal intérêt des submodalités pour un couple réside dans le fait que nous pouvons éviter des incompréhensions parfois lourdes de conséquences.

De même, dans une approche de coaching thérapeutique, cela permet de changer un comportement sans en connaître l’origine ni la nature. Ce qui revient à envisager de savoir gérer un problème ou de transformer un obstacle, sans avoir besoin d’en connaître les causes. C’est donc très utile pour tous ceux qui ne souhaitent ou ne peuvent pas s’exprimer sur un trauma mais veulent malgré tout transformer les freins qu’il crée en eux afin de pouvoir évoluer.

 

Comment repérer ses submodalités ?

Modalité dominante

Prenez une feuille et un crayon et imaginez-vous parler à quelqu’un de quelque chose de très important (cet exercice peut aussi être fait en couple, ce qui vous en apprendra beaucoup sur votre moitié et vous expliquera bien des difficultés quant à votre communication).

Entendez ce que vous diriez et notez précisément les mots que vous utiliseriez. Dans le cas où vous faîtes l’exercice en couple, laissez l’autre prendre des notes sur les mots ou tournures (prédicats et tournures prédicatives) que vous utilisez.

Identifiez à quel champ sémantique cela appartient. Bravo, vous venez de déterminer votre modalité dominante.

De plus, gardez à l’esprit que plus vous serez en stress, plus votre modalité dominante sera active. Donc savoir changer de modalité vous permettra de retourner bien des situations.

Astuce: Plus vous ferez cela en jouant, plus cela sera facile.

Modalité fondamentale

Option 1 : Imaginez-vous en totale sécurité, avec quel sens vous exprimeriez-vous si votre entourage pouvait vous accueillir sans jugement ?

Option 2 : Vérifiez quel sens pourrait vous mettre dans une profonde vulnérabilité en un claquement de doigt sans que vous ne puissiez rien faire ? Est-ce un spectacle ou tableau de maître devant lequel vous pourriez rester des heures sans rien pouvoir faire d’autre? Est-ce une symphonie ou les sons de la nature qui vous enchanteraient tellement que vous resteriez sans bouger? Est-ce le fait de danser ou d’être massé qui vous procurent une sensation dans laquelle vous avez l’impression que vous pourriez vous perdre ?

A coup sûr, vous commencez à mettre le doigt sur votre modalité fondamentale.

 

Modalité structurante

C’est tout simplement celle qui n’est ni dominante, ni fondamentale.

 

Comment utiliser les submodalités au travail ?

  1. Repérer les submodalités des personnes que vous appréciez bien et celles de ceux que vous n’aimez pas. Il y a déjà fort à parier que celles que vous aimez utilisent les mêmes modalités que vous et qu’à contrario celles que vous n’aimez pas utilisent des modalités autres que les vôtres.
  2. Tentez de communiquer avec une personne que vous aimez bien dans une autre submodalité que sa modalité dominante et observez ce qui se passe.
  3. Tentez de communiquer avec une personne que vous n’aimez pas dans la même submodalité que sa modalité dominante et observez ce qui se passe (résultats souvent surpenants…)

travailSi vous parlez à un visuel dominant en langage visuel donc en utilisant des images (c’est ce que l’on appelle le calibrage), il va comprendre tout de suite ce que vous lui dites ; il sera alors plus enclin à répondre à votre demande (c’est ce que l’on appelle la synchronisation et le guidage). En effet, quand la communication est facilitée suite à un calibrage et une synchronisation, l’individu se sent reconnu au travers du prédicat que vous avez utilisé à son intention, c’est pourquoi il a envie à son tour de vous donner quelque chose en retour comme la réponse à votre demande par exemple.

Quand ces phénomènes sont naturels, vous avez une communication authentique et spontanée, en revanche quand des commerciaux, des communicants ou des politiques le font pour obtenir de vous un processus d’achat ou l’adhésion à un concept ou à un parti, il y a fort à parier qu’une partie de vous l’aura sentie et ne sera pas à l’aise avec cela.

 

 

Comment utiliser les submodalités dans la vie de couple ?

  1. Connaître votre tryptique de submodalités (dominante, structurante, fondamentale)
  2. Identifiez ou connaître le tryptique de votre partenaire de vie
  3. Apprendre à reformuler dans un autre langage (sa modalité) lorsque l’information que vous voulez faire passer est essentielle pour vous
  4. Vous entraîner au travers de situations simples et non conflictuelles à changer de communication

Attention : si vous êtes en stress intense, il sera difficile de changer de modalité d’expression, car vous êtes déjà dans un mode de survie.

 

Comment utiliser les submodalités avec ses enfants ?

  1. Connaître votre tryptique de submodalités (dominante, structurante, fondamentale)
  2. Identifiez ou connaître le tryptique de votre ou de vos enfants
  3. Vous entraîner au travers de situations simples et non conflictuelles à changer de communication
  4. Leur apprendre à communiquer avec un autre champs sémantique pour augmenter leurs aptitudes d’expression et leurs connections neuro-cognitives (ce qui, à terme, leur permettra d’augmenter certaines aptitudes, outre la communication).

Un exemple peut-être aidant concernant les devoirs des enfants. Imaginez que votre enfant doit apprendre une leçon et se trouve dans sa chambre, la musique à fond avec une balle de tennis qu’il fait rebondir dans sa main. J’ai échangé avec de nombreux pères, qui furieux, entraient et coupaient la musique et supprimaient la balle. De sorte, que le canal dominant (auditif) et le canal structurant (kinesthésique) étaient totalement supprimés. Dès lors, ces mêmes pères s’étonnaient de la difficulté de leur enfant à apprendre la leçon ou de la durée qu’ils avaient mise à l’apprendre. Pour un auditif la vibration et son intensité vont être des sources puissantes d’intégration d’une information (d’où la musique à fond pour mieux apprendre sa leçon). Le kinesthésique structurant (la balle dans la main) lui permet d’intégrer à un niveau plus profond encore (au niveau cellulaire) et surtout plus durable (grâce à la mémoire corporelle) l’information (donc la leçon). Résultat si on lui interdit d’utiliser ses canaux, l’enfant est en insécurité et en mode de survie. Difficile d’apprendre une leçon quand vous avez l’impression que vous risquez de mourir à tout instant.

 

Les submodalités sont donc des canaux pertinents à détecter chez soi et chez l’autre, si l’on veut s’assurer une communication fluide et efficace. En revanche, elles ne tiennent pas compte ici des jeux psychologiques, ni des difficultés de langage d’un des deux protagonistes comme dans l’exemple burlesque du sketch suivant

 

Laissez-nous un commentaire sur ce qui vous a plu dans cet article afin que l’on puisse orienter nos prochaines parutions.

D’ici là, pour ceux qui le souhaitent, voici la petite fable du jour, afin d’illustrer au mieux nos propos.

 

Fable du Dragon et de la Tortue

King Dragon flirtait de puissance émerveillée

Entre terres, cavernes et cieux émus,

En son royaume, le peuple riait plus qu’il ne pu

 

Tortue-tribaleQueen Tortue glissait sagement dans l’océan

Où elle régnait avec la grâce enfantine

Sur son peuple qui l’écoutait avec une ouïe fine

 

C’est une aube qui décida de leur rencontre

Faisant du roi, un prince des mille et une nuits

Et de la reine, une princesse des jours éblouis

 

En surface d’eau le dragon vit une présence

Qui se dessinait et qu’il ne connaissait pas

« Bienvenue à toi étrangère, que fais donc tu là ? »

 

La tortue vit au dessus d’elle l’ombre planant

Qui maintenant vociférait d’un souffle rageur

Elle fit une volute d’eau pour chasser son prédateur

 

« Et si… », se dit le dragon amusé de ce ballet,

En renvoya en pluie, la balle d’eau envoyée

qui explosa en trombe sur celle qui faillit se noyer

 

Furieuse, carapace à l’attaque et toutes griffes dehors,

Elle bondit et agrippa le roi pour le ramener

En son territoire silencieux et feutré

 

Le dragon fut enivré de cette danse nouvelle

Et lorsqu’il voulut parler, des bulles de rien

Bouillonnèrent, lui parlant là de son langage aérien

 

Il saisit la tortue et remonta en surfacedragon-blanc

« Ecoutez délicieuse créature, je comprends,

Mes mots et mes gestes du haut vous sont absents »

 

« Daignez m’enseigner l’océan, j’offre l’aérien » !

La Reine reprit ses allures et tint à son tour

Un discours sur sa méprise et sa joie à s’envoler.

 

Moralité

Certains se jouent de l’incompréhension, d’autres s’offusquent

Mais pour celui qui garde un cœur d’enfant,

Le chemin du jeu l’emporte sur celui du blâme

Et de mémoire de dragon et de tortue

ce fut la première fois qu’elle perdit sagesse et qu’il s’offrit cette politesse.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *