Le jeu vidéo : un danger pour les parents ?

On mars 17, 2014 by Fabien et Maitie

monstres_et_compagnieNous avons tous entendu dans les médias les joutes verbales au sujet des jeux vidéo. Les uns, grands détracteurs et les autres grands défenseurs. Pour FnM, lorsqu’un individu crie au danger, c’est souvent parce que lui se sent en danger mais qu’il ne le reconnait pas. Et si notre rapport aux jeux vidéo répondait à cette même dynamique? Et si ces peurs du jeu vidéo que ressentent les parents n’avaient rien avoir avec le jeu lui-même ou la capacité de leurs enfants à distinguer réalité numérique de réalité physique, mais qu’ils mettaient en évidence des craintes d’un parent face à un monde qui accélère et dont les codes changent?

Anecdote

Enter-the-matrixIl y a quelques années j’ai offert à un ami une console de jeu vidéo pour le Noël de ses 4 enfants ainsi que deux jeux d’aventure (Matrix et Le Seigneur des anneaux) et un jeu de combat. En ancien Geek et, étant divorcé (donc ayant les enfants une semaine sur deux pendant les vacances), il a d’abord énormément joué lui-même. Il était très fier d’être arrivé en seulement 4 jours au niveau 5 de Matrix et au niveau 4 du Seigneur des anneaux. Quelques jours après, j’allais boire un thé chez lui et le trouvais bizarre. Les enfants qui jouaient dehors arrivèrent rapidement en me remerciant du cadeau. Je leur ai alors demandé :

 » Ca vous plait ? Vous en êtes où ?
– Ben on est au niveau 12 de Matrix et il nous reste un niveau de l’autre et on a fini. Mais en même temps, ça fait que deux jours qu’on a le jeu et papa veut pas qu’on y joue plus d’une heure par jour chacun, alors tu comprends… »
Je me suis retourné vers mon ami en souriant :
– « Je crois que tu a pris un coup de vieux
– Oui et en même temps ce ne sont pas des vrais jeux de stratégie comme sur ordinateur, là on verra vraiment, s’inquiéta-t-il.
– J’ai envie d’aller jouer avec eux, tu viens ? » lui proposais-je.
J’ai demandé aux enfants de m’apprendre à jouer. Ce fut un moment délicieux ; ils étaient ravis de me faire découvrir leur jeu.

Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre quelques mois plus tard, que le petit de 7 ans était devenu un as de la mythologie grecque en jouant à un jeu sur ordinateur et que son niveau scolaire avait progressé alors que le petit dernier qui avait à peine 5 ans et ne savait pas lire commençait à battre son frère à des jeux nécessitant de savoir lire, simplement en ayant appris les modes de comportements visuels utilisés dans le jeux de combat.

 La plus belle image que je garde est celle que j’ai capturée en arrivant un jour, à l’improviste : le père était sur son ordinateur et jouait en réseau avec ses quatre enfants, qui, chacun devant leur ordinateur, étaient, en même temps très en lien avec les autres, juste à côté d’eux.  En me voyant entrer le petit dernier m’a lancé  « On est en train de battre papa et c’est trop cool ! ». En mon fort intérieur je me suis dit : « quelle belle qualité de lien et quel courage a eu ce père ».

Structuration d’un individu

Dans la structuration de l’individu, les interrogations qui vont donner naissance à des peurs si le parent ou le référent n’apporte pas de réponse touche deux domaines essentiels que sont :

  • la structure identitaire (qui suis-je et comment je fonctionne ?)
  • la structure relationnelle (comment je continue d’exister quand je suis en présence de l’autre et comment je communique avec ceux qui m’entourent ?)

Pour le parent qui souhaite le meilleur pour son enfant, il est évident qu’il souhaiterait que la vie de son chérubin ne soit jalonnée que de belles choses ; il va donc le mettre en garde, lui expliquer et parfois lui interdire des espaces qu’il juge dangereux. Et c’est sur ce tout petit morceau de phrase que le système bascule : « …qu’il juge dangereux. », car là, le parent est confronté à ses propres peurs ; sur la base de ce qu’il a vécu. Il est donc plus facile pour lui, de les projeter sur son enfant, que de les retourner pour lui-même, pourtant c’est une opportunité fantastique que lui offre son enfant.

En termes plus incisifs, il est plus facile de prendre son enfant en otage de ses peurs que d’être responsable de ses peurs et de les transformer pour que cela profite à son enfant. 


Le jeu vidéo va s’avérer être alors :

  • Un fabuleux révélateur de nos peurs de parent nous donnant la chance d’enfin les affronter
  • Un indicateur sur notre manière de découvrir des mondes inconnus
  • Une autorisation d’exprimer sa vulnérabilité sans grand enjeu (excepté pour son ego) 

1. Affronter ses peurs

Voici les 5 questions que tout parent pourrait se poser avant de chercher à communiquer avec son enfant sur ce délicat sujet du jeu vidéo

1. Quelle partie de moi-même est mise à mal  lorsque je le vois jouer ?

2. Que me dit mon enfant par le choix de tel ou tel jeu, qu’il n’ose ou n’arrive pas à me dire sans cela?

3. Quelle vérité cherche mon enfant dans le jeu vidéo que je n’ai pas pu lui apporter par la vie « réelle » ?

4. Qu’apprend-il avec cet univers que je ne comprends pas ?

5. Qu’est-ce je crois que vit mon enfant lorsque je juge ses jeux inutiles ou dangereux ?

Parents-jeux-videoPour vous accompagner, utilisez le processus F&M et la méthode Sedona. Dès lors, vous serez à-même de lui apprendre comment retourner ce qui bloque en lui (car vous l’avez fait pour vous). Cela ne vous intéressera plus de vous battre sur le jeu et son contenu, vous préfèrerez partager avec lui ce qui vous émeut et ce qu’il vit. De manière pratique, une fois que vous aurez répondu à ces questions et que vous aurez amené de la paix quant aux difficultés que cela a soulevé en vous, vous ne serez plus prisonnier de vos peurs pour communiquer avec votre enfant et il le sentira. Vous lui apporterez alors toute la cohérence dont il a besoin pour mieux se construire.

 

2. Découvrir le monde de l’autre

A chaque génération, les enfants font évoluer les parents cars ils possèdent un matériel génétique plus abouti qui va ouvrir de nouvelles perspectives, mais aussi parce qu’ils témoignent  d’un monde qui ne cesse de s’accélérer et qui s’ouvre tout azimut.

De plus, aujourd’hui, l’humanité est à un tournant dans bien des domaines, notamment au niveau des relations humaines (les humains de eux à eux, de eux vers leurs semblables et de eux vers leur environnement). Et là aussi c’est une première pour les parents de voir leurs enfants jouer à des jeux que eux, ne connaissaient pas et dont le réalisme peut les désarçonner, d’autant plus qu’ils sont une fenêtre sur notre réalité actuelle et des lendemains à venir. Le jeu vidéo apparaît alors comme un moyen d’expérimenter ces espaces sans danger.

Alors, pourquoi ne pas tenter d’explorer le monde de votre enfant, en vous laissant guider par lui, et ainsi vous autoriser à vivre une autre qualité de lien, quel qu’en soit le chemin ? Pour faire de la réalité numérique une alliée, il vous suffit juste de ne plus en avoir peur même si cela vous est étranger et d’oser explorer ce monde, vous aussi.

Voici les 4 questions clés à poser à votre enfant pour aller à la découverte de son monde

1.     Qu’est-ce qui te plaît dans ce jeu ?
2.     Qu’est-ce que cela t’apporte ?
3.     Qu’est-ce que cela te fait dans ton corps ?
4.     A quel moment dans ton quotidien cela pourrait t’aider d’avoir ça dans ton corps ? (Invitez-le à faire un lien avec sa réalité physique du moment, pour qu’il saisisse comment mettre en application ce qu’il a découvert.)

Vous adaptez les questions à l’âge de l’enfant, mais en général ils répondent quel que soit leur âge. Apprenez, vous aussi, à jouer avec des niveaux de réalités qui ne vous sont pas encore familiers, et montrez-lui quels sont vos niveaux de réalité physiques dans lesquels vous êtes un expert et dans lequel votre enfant n’est pas encore familier comme la réalité économique, familiale, parentale, sexuelle, professionnelle, sociale, …Il y a fort à parier que cela va l’intéresser de faire des connexions entre ces plans.

 

3. S’autoriser à être vulnérable

herissonReconnaître que ces espaces ne vous sont pas encore familiers revient d’une part, à oser poser votre vulnérabilité vis-à-vis d’un monde que vous ne connaissez pas (ce qui va être essentiel pour le futur de vos enfants), et, d’autre part, de pouvoir exprimer votre puissance vis-à-vis d’un monde dont vous avez une expérience et où vous allez pouvoir accompagner vos enfants. Utiliser le jeu vidéo pour s’autoriser à montrer à votre enfant que vous êtes vulnérable est un moyen ludique et simple, sans grand enjeu, de lui montrer que vous êtes humain. De plus, cela lui permet d’apprendre que l’on peut exprimer ce que l’on ressent sans se sentir en danger.

 Quelques exemples d’expression de vulnérabilité

  1. Là quand tu me demandes de jouer à cela avec toi, j’ai l’impression que je vais pas y arriver, donc va falloir que tu m’expliques comment toi tu fais, ok ?
  2. Moi ces jeux qui créent de la tension, cela me fait peur car j’ai l’impression que quelque chose va bondir au dernier moment…mais bon, je veux bien essayer
  3.  Est-ce que tu crois que moi, je vais y arriver ? 

 

Conclusion

Une fois qu’en tant que parent vous serez en paix avec le jeu vidéo, vous pourrez aisément vous y opposer et cela sera cohérent pour votre enfant, car votre opposition sera basée sur une divergence de valeurs et non sur une projections de peurs. C’est pourquoi, vous pourrez envisager d’autres approches, comme notamment quels bienfaits cela pourrait apporter à votre relation avec ces nouvelles générations ou encore améliorer la compréhension de votre enfant. Dès lors, nous pourrons envisager le jeu vidéo sous un jour nouveau, à savoir comme un moyen moderne de développement personnel. C’est pourquoi dans notre dernier article nous verrons en quoi « le jeu vidéo peut-il être bénéfique pour votre enfant?« .

A très bientôt

Nous vous invitons à nous faire part de vos commentaires et de vos vécus pour que cela aide ceux qui se sentent effrayés par ce sujet.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *