La Douleur : un message du vivant !

On novembre 6, 2013 by Fabien et Maitie

La douleur bien souvent nous rétracte, nous amène à nous replier. Le réflexe courant est de chercher à nous en débarrasser. Pourtant elle est un signal qui informe notre système nerveux que quelque chose met en danger notre Vivant et/ou notre intégrité corporelle. Elle est comme un phare qui appelle notre attention et notre vigilance; un peu comme dans la vie de couple où l’autre nous renvoie une information clé sur nous-même. Alors que faire : souffrir, subir, anesthésier, traverser ?… ou accueillir !

 

Anecdote

Je me suis levée un beau matin avec l’épaule gauche extrêmement douloureuse, au point que je ne pouvais plus la bouger : diagnostic « capsulite rétractile » ou encore épaule gelée demandant 8 à 12 mois de soins pour récupérer.

Je mets donc mon épaule au repos ; son état s’améliore, mon activité reprend. Je suis contente parce que j’arrive malgré tout à la laisser au repos; je suis vigilante à l’épaule droite pour qu’elle ne compense pas trop, même si la douleur de l’épaule gauche est omniprésente.

Un matin, je suis bloquée au lit par une douleur fulgurante dans le dos. Un énorme spasme qui part de la hanche droite (mon point fragile depuis mon enfance) envahit toutes les lombaires et quelques dorsales au moindre mouvement. Je n’ai jamais eu aussi mal de ma vie. Diagnostic de cette douleur de hanche et de cette douleur dorsale: lumbago de L3, obligation de rester 72 heures couchée sur le dos.

La vie m’a prévenue (avec l’épaule) que je devais changer mon mode de faire. J’ai écouté à moitié le message qui venait de ces douleurs articulaires, faisant confiance à ma connaissance du corps pour réussir à récupérer tout en continuant sur un rythme trop soutenu. La vie, qui est plus forte que toutes les résistances, m’a donc asséné un deuxième coup beaucoup plus violent dans l’espoir que je comprenne.

 

Clé du jour :  la douleur est une information

drogueDans une société où le soignant est tenu de soulager la douleur de son patient, la persistance de la douleur est un échec, voire une faute professionnelle.

Ainsi, nous avons le réflexe de faire appel à des agents extérieurs (médecins, thérapeutes, médicaments…) pour soulager nos douleurs. La quête d’anti-douleur est devenue un enjeu majeur de nos sociétés riches. Que ce soit un médecin, un ostéopathe, un chamane, un kinésithérapeute, un psychothérapeute, un acupuncteur,…) nous nous remettons entre leurs mains avec nos douleurs afin qu’ils nous permettent d’aller mieux. Ont-ils la solution ?

 

Quelques croyances associées la notion de douleur ?

C’est parce que je supporte la douleur que je suis fort : résister à la douleur, donc l’endurer a été (et demeure encore) une preuve pompesde notre force. Durant les rites initiatiques le jeune garçon était éprouvé par la douleur pour être reconnu en tant qu’homme. Ne pas supporter la douleur équivaut à l’échec, à la faiblesse. La manière dont nous gérons la douleur est donc inconsciemment un signe de reconnaissance que j’existe que ce soit à mes propres yeux ou aux yeux des autres.

La douleur nous donne de la valeur : de même que les médias nous informent majoritairement des horreurs qui sévissent dans le monde, nous portons souvent plus d’attention à ce qui ne va pas qu’à ce qui va en nous, à ce que nous n’aimons pas qu’à ce que nous aimons. Ainsi nous nourrissons davantage nos maux et nos douleurs que notre santé et notre joie comme s’ils avaient plus de valeur à nos yeux.

La douleur nous limite : elle nous procure un handicap car elle entrave notre liberté d’action. Elle nous empêche de faire ceci ou cela. Nous sommes victimes de nos douleurs.

Nous avons mérité notre douleur : certaines religions l’apparentent à la punition qui nous est infligée parce que nous avons péché que ce soit durant notre vie ou durant les générations passées. C’est par la douleur que je rachète mes fautes. Je peux aller inconsciemment jusqu’à me bannir de la société.

 

Qu’est-ce que la douleur ?

La douleur est un signal

Elle alerte le cerveau que quelque chose d’inhabituel se passe dans une région déterminée de notre corps. Elle attire notre attention car des mesures d’urgence doivent être prises pour notre survie. Le signal s’intensifiera jusqu’à ce que l’on en tienne compte.

 

La douleur vient d’un manque d’espace

Nous sommes constitués majoritairement de vide. Si nous enlevions ce vide de la matière qui nous constitue, nous ne serions pas plus gros qu’une balle de golf. Tout le reste est de l’espace où circule l’énergie de vie qui nous anime.

douleur-signalLorsque cet espace se restreint, les particules de matière se rapprochent et frottent les unes contre les autres ; cela crée une tension qui, peu à peu, commence à faire mal. Plus on résiste, plus on enferme la zone, plus le resserrement s’amplifie.

L’évolution d’une vingtaine de danseurs sera différente s’ils disposent de 100 m2 ou de 10 m2. Moins ils ont d’espace et plus leurs mouvements interfèrent avec ceux des autres, limitant la liberté de chacun. Plus l’espace ce referme, plus les danseurs restreignent leurs mouvements jusqu’à l’immobilité voire la mort par asphyxie.

Il en est de même de nos cellules. La douleur signale que certaines d’entre elles sont menacées d’asphyxie car la circulation de l’énergie de vie est limitée.

La douleur n’est donc pas dans la matière mais dans le vide qui l’habite.

 

La douleur exprime nos résistances

La douleur s’exprime dans le corps qu’elle soit d’ordre physique, émotionnel, psychologique ou spirituel et va entraîner des désordres physiques plus ou moins importants proportionnellement à nos résistances. Elle sculpte notre corps en fonction de l’interprétation que nous faisons de ce que nous vivons.

Nous avons vu dans l’article Le corps ne ment pas, qu’il nous parlait en temps réel sans pouvoir nous mentir. Alors que nous sommes habiles à nous raconter des histoires avec notre tête (mental) et avec  notre cœur (émotionnel), notre corps nous exprime ce qui est. La douleur est l’expression du cri de notre corps qui nous appelle à la Vie.

 

La douleur est gardienne de notre intégrité corporelle et de notre vie

Elle marque une limite à ne pas dépasser si nous ne voulons pas nous mettre en danger.

lie-to-me

lie-to-me ©Fox

En effet, un lépreux qui n’a plus de capteurs de douleur, peut laisser son bras dans le feu sans se rendre compte qu’il brûle.

La douleur est un signal qui pose une limite nous invitant à changer de direction pour rester en vie. Plus nous résistons à ce changement, plus elle s’amplifie.

En savoir plus sur le langage du corps en lisant notre article sur le film Titanic.

Que faire de la douleur ?

Nous n’avons pas la main sur le signal, nous ne le contrôlons pas. Nous pouvons agir pour prévenir son apparition mais ne pouvons pas empêcher qu’il apparaisse.

En revanche, nous pouvons jouer sur son intensité :

  • En affinant nos perceptions pour l’entendre le plus tôt possible
  • En l’interprétant d’une manière appropriée

 

Affiner nos perceptions

Comme nous l’avons vu dans l’article Barbare-Femme Sauvage , c’est par nos perceptions que nous pouvons écouter la subtilité de notre Femme Sauvage qui nous guide sur notre chemin de vie dans le respect de notre écologie personnelle.

En revanche, lorsque nous ne la suivons pas, nous nous exposons à l’expression de notre Barbare qui peut être sous forme de douleurs.

Donc, plus j’écoute mes perceptions et je suis ma Femme Sauvage même si le chemin où elle m’entraîne me fait peur, moins j’ai de raisons d’avoir mal. Par contre, si je résiste, l’intensité de la douleur sera à la hauteur de mes résistances.

Donc en affinant mes perceptions pour écouter ma Femme Sauvage, je peux rendre la douleur inutile.

 

Avoir conscience de notre interprétation

Notre interprétation de la douleur se fait à la lueur de nos croyances qu’elles soient individuelles, familiales ou collectives.

livre-OdoulDe nombreux ouvrages proposent une cartographie apportant une signification à un désordre en fonction de sa localisation et/ou de sa nature. Je pense au travail du Docteur Hamer sur le cancer, à celui de Michel Odoul avec son guide « Dis-moi où tu as mal et je te dirai qui tu es » et d’autres. Ces interprétations sont des pistes, elles ne sont pas une solution.

Je suis la seule à pouvoir trouver le sens de ma douleur car c’est à moi qu’elle parle. Tout ce qu’un autre me propose peut être une piste intéressante, comme elle peut être une impasse.

La douleur nous ramène obligatoirement à nous, elle nous oblige à nous regarder en face, à faire le point sur notre manière de mener notre vie, elle met en lumière nos peurs et nos démons.

Il y a quelques années, dès que la douleur dans mon dos était un peu plus vive que d’habitude, je me bloquais et ne pouvais plus bouger. Jusqu’au jour où j’ai réalisé que j’avais une peur viscérale d’être paralysée à vie. Je ne sais pas d’où elle venait et peu m’importe. En accueillant la présence de cette peur en moi, en regardant de quoi j’aurais besoin si cela m’arrivait, je ne l’ai plus redouté. Dès lors, cette douleur ne m’a plus bloquée au grand étonnement de certains médecins. En même temps, comme je ne veux pas en arriver à cette extrémité, à chaque fois que j’ai mal au dos, je revisite ce que je fais et comment je le fais car elle me dit que si je continue ainsi je risque d’être paralysée.

 

Savoir en quoi elle nous est utile

 

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Maïtie Trelaün

 

Le Vivant est ainsi fait, qu’il choisit toujours ce qui nous rapporte le plus, même si tout nous prouve le contraire. Donc, nous retirons un avantage dans chacune de nos douleurs. Dans le cas de l’accouchement, sujet de mon premier livre, j’explique en quoi la douleur peut s’avérer une alliée précieuse si on apprend l’utiliser. C’est pourquoi j’ai eu de nombreux témoignages de femmes qui m’ont signifié que ce qu’elles avaient appris sur la douleur en me lisant, les accompagnait bien au-delà du moment de l’accouchement, notamment dans tous ces instants où la vie nous chahute un peu.

 

 

Outil pratique : aller à la rencontre de sa douleur

Entendre le signal

  • Observez ce qui vous fait mal : c’est où dans votre corps ?
  • De quoi avez-vous besoin pour l’accueillir? Cela peut-être un médicament à condition qu’il n’enlève pas complètement le signal (car sinon cela complique les choses), une position, la présence de quelqu’un, l’avis d’un médecin…
  • Utilisez la respiration pour détendre la zone : soit en soufflant profondément dans la douleur comme si c’était un poing fermé que vous desserrez, soit (si c’est une douleur vive) en soufflant par la bouche bruyamment et rapidement proportionnellement à son intensité.

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Ecouter le signal

  • Que vous empêche-t-il de faire ? Qu’est-ce que cela vous fait de ne pas pouvoir le faire ? Si je reprends l’anecdote : ma douleur d’épaule m’empêche, en  autres, de porter mais aussi de me déployer en ouvrant mes ailes
  • Que vous oblige-t-il à faire ? Qu’est-ce que cela vous fait d’avoir à le faire ? Elle m’oblige à demander de l’aide, donc à accueillir ma vulnérabilité ; comme elle m’oblige à ralentir mon élan au moment où je voulais prendre mon envol
  • Quels avantages cela vous apporte ? Elle me permet d’avoir une bonne excuse pour ne pas me déployer (ce n’est pas de ma faute si je n’y arrive pas mais celle de mon épaule), d’avoir du mérite (je continue d’animer les stages même si j’ai cette douleur), qu’on s’occupe de moi (la rééducation amène le kiné à prendre soin de moi)…

 

Le rendre inutile

Qu’avez-vous à transformer pour ne plus avoir besoin de cette douleur ?

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transformers © Paramount

 

Vous trouverez les réponses en regardant les avantages que vous en retirez. Dans mon cas : de quoi ai-je besoin pour m’autoriser à me déployer ? Comment puis-je reconnaître mon mérite même si je n’ai pas mal ? Comment puis-je prendre soin de moi et me consacrer du temps ?

 Ainsi, vous revenez au centre de votre processus de transformation, vous en êtes acteur et responsable.      

 

 

Ilustrons cela avec une petite fable…

Fable : Le choix de la Vie

 

Depuis déjà longtemps la ville était en crise

L’ennemi prévoyait de la restructurer

Pourtant elle résistait, s’accrochant à ses murs

Son quartier le plus faible était à l’agonie

villeLe cœur de son foyer menacé d’extinction

La gente du quartier, en se serrant les coudes

Réclamait à grands cris quelques instants de paix

En réponse à sa quête, la ville envoya

Du renfort et des vivres pour faire résistance

L’espace vint à manquer et l’air se raréfiait

Le cœur de cette place hurlait à l’asphyxie

Les renforts augmentaient pour lui porter secours

La flamme du foyer doucement étouffait

Ses gardiens apeurés ne savaient plus que faire

Voyant la mort venir, ils prièrent au miracle

Aux portes de la ville, la Vie lui proposa

« Et si tu retirais les renforts de la place

Pour envoyer de l’air et attiser le feu ?

–       De l’air, mais tu es folle, se récria la ville,

Ce serait accueillir le vide dans mes murs !

–       Et alors, dit la Vie, le vide est liberté

Préfères-tu la mort plutôt que l’inconnu ?

–       J’ai besoin pour le faire de m’accrocher à toi

–       Dés lors que tu t’accroches, le vide disparaît

Car c’est en te donnant que la Vie peut entrer ! »

La ville crut mourir en s’ouvrant à la Vie

Elle perdit ses repères mais retrouva sa flamme

Qui dessina l’espace en danses infinies.

 

Morale

grandsparis-tours

 

A vouloir s’accrocher à ce qu’on croit la Vie

On cultive la mort en étouffant la flamme

De celle qu’on chérit.

 

 

 

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