Famille recomposée et tribu

On avril 24, 2013 by Fabien et Maitie

C’est l’émergence des familles recomposées qui a ouvert ce nouveau possible où des codes différents, parfois opposés (venant d’origines familiales bien distinctes) devaient apprendre à cohabiter sous le même toit.Dès lors, sortir des conventions et traditions familiales, dont beaucoup d’entre nous en avaient oublié jusqu’au sens premier, devint une piste incontournable pour que chacun puisse trouver son essence fondamentale et ainsi exister pleinement. 

 

Fable – De famille en tribu

Famille marsupilami

Famille Marsupilami © marsuproductions

 

traditions, famille et compagnon,

Rêvait de terres symphoniques

où la vie serait unionsacrée.

 

La confiance en bandoulière,

Et trois petits pour unique bagage,

elle prit la direction du grand voyage,

celui qui,jamais,ne revient en arrière.

 

Epuisée de labeur, triste de solitude,

elle fit halte, au pied d’un nid étrange,

perdu en cœurd’Amazonie,

Où vivaient un Marsupilami avec ses deux petits.

 

Famille suricate

Famille suricate © Disney

De ce matin sonnant pour la mère et le père.

Les enfants jouaient, libres de tout jugement,

Outrepassant les lois des famillesd’avant.

 

Dame Suricate et Marsupilami Père,

Assistaient au chant créateur d’une tribu,

Où chacun des petits,exprimait librement,

Seul et très simplement, la joie de ce qui vit.

 

« Que ne sommes-nous bêtes » dit-elle tendrement

« D’attendre et de sourire? » questionna-t-il

« Non, d’oublier l’essentiel qui vibre au-dedans,

et préférermourir comme perdu sur une île.

Et si, pour nous bâtir une famille élargie,

Nous suivions le chemin que nous montre l’enfant ? »

 

Morale

Timon roi lion

Timon du Roi Lion © Disney

Dont la clé est cachée dans les mains des enfants

Qui vont le cœur chantant en suivant leur Vivant.

 

La clé : exprimer son vivant en jouant

La clé pour permettre à une famille de devenir une tribu libre et dans l’harmonie, réside dans le fait de pouvoir s’autoriser à exprimer son vivant. Puis de là, le cultiver et maintenir son expression du vivant en présence de l’autre et des autres. Pour cela, jouer sera un allié précieux.

 

Outils pratiques pour le quotidien

La famille, plutôt que de s’oublier dans des routines souvent pesantes pour beaucoup d’entre nous, peut être un espace sécuritaire pour chacun afin d’exprimer qui il est. Ainsi une autre forme de famille peut naître, s’apparentant alors plus à une tribu. Une tribu vivante et s’auto-enrichissant de la spécificité de chaque membre.

Dans cet espace nouveau, chacun a sa place et chacun est respecté, entendu et accueilli pour qui il est, même si cet accueil n’impose pas qu’il en soit fait à sa volonté. C’est comme si un terreau nouveau venait enrichir la terre de nos ancêtres et ainsi offrir au vivant une scène où l’expression de chaque être vivant est possible. Le vivant pour grandir et se construire sur des bases saines a besoin de s’exprimer librement et d’être accueilli tel qu’il est ; et c’est bien là, un des atouts majeurs de la famille-tribu.

De fait, cette nouvelle voie ouverte, a permit aussi aux familles dites « traditionnelles » d’éveiller le vivant qui parfois s’est un peu endormi, au nom de ces fameuses conventions sociales. Aujourd’hui, chaque famille qui œuvre à ce que ces membres se sentent bien dans leur spécificité, devient une tribu riche d’un message précieux : « c’est nous qui décidons de nos codes sur la base de ce que est vivant en nous ».

Voici trois pistes à explorer pour expérimenter cela :

· Au cœur du clan : la famille se met en cercle, assise par terre (dans la nature ou dans une pièce dégagée). Cette mise en cercle place chacun au même niveau et surtout offre aux corps d’être dans des positions confortables pour tous (sans obligations de posture comme sur une chaise). Le père (ou compagnon selon les familles recomposées) va ouvrir l’activité en se levant et se mettant au centre. Il prend un temps pour respireret se mettre en lien avec lui. Puis il exprime quelque chose, un son, un chant, un mouvement dansé, le personnage qui l’habite sur l’instant, une gestuelle…Une fois qu’il a fini, il retourne s’asseoiret invite qui le souhaite à venir au milieu. Personne n’est obligé de passer, c’est celui qui est partant qui y va. La mère (ou compagne selon les familles recomposées) clôture ce cercle par son intervention. De retour à sa place dans le cercle, elle demande à chacun d’exprimer,s’il le souhaite, ce qu’il ressent maintenant (et non ce qu’il pense). Privilégier un seul mot ou une seule phrase. (ex : je me sens joyeux ; paix ; plaisir…). Le père clôture alors le cercle et tous retournent vaquer à leurs activités.

L’objet ici est que chacun ose montrer un peu plus de lui. La qualité de la présence du père, autant au moment où il s’exprime que lorsqu’il est dans le cercle, invitera chacun à une présence à lui-même et non à une mise en scène destinée à égayer son public. Le père ouvre la voie et montre que c’est possible : l’espace au cœur du cercle devient sacré donc respecté. Chacun offre alors un aperçu de son monde et une part de sa vulnérabilité. La qualité d’accueil de chacun des parents montrera que cette vulnérabilité peut être exprimée et honorée sans jugement.

Il est important de laisser chacun y aller à son rythme. Si la même personne refuse d’y aller plusieurs fois, le père peut demander de quoi elle a besoin pour se lancer et voir ce qui peut être aménagé pour que ses premiers pas au centre soient possibles.

Cette activité peut aussi se pratiquer au sein de son couple, pour initier une dynamique de découverte de l’autre et d’autorisation d’expression de soi.

Il est intéressant d’observer les changements de comportement et de qualité de liens entre les personnes après ce temps de partage.

Nous vous invitons à expérimenter ces cercles à raison d’une fois par semaine pendant trois ou quatre semaines avant de faire le point afin de voir ce qu’il vous apporte et comment le faire évoluer à votre manière. Cela peut aussi l’être l’occasion de s’exprimer dans une autre langue et donc par exemple d’apprendre l’anglais en jouant. 

· Mettre une personne à l’honneur : Choisir une personne qui, dans un temps déterminé, fera partager une de ses activités (cela peut-être autant de faire la cuisine, de ranger sa chambre, de se promener, de jouer à un jeu vidéo… bref un espace important à faire découvrir aux autres pour celui qui est à l’honneur). Les autres seront à son écoute et expérimenteront de le soutenir et de l’accompagner dans ses tâches, actions, gestes ou simplement de le regarder faire. Pour cela, ilsl’accompagnent en silence. Seul celui qui est à l’honneur parle et donne des indications (pas d’explications sur le bien fondé de ceci ou cela mais bien des indications sur sa manière de procéder).

Ce temps d’accompagnement de l’autre en silence ouvre une nouvelle forme de communication dans la famille.

Cela permet également de découvrir quelle est la manière de faire de l’autre et donc sa spécificité.

Pour cet exercice, selon le nombre d’individus de la famille, nous vous invitons à privilégier des temps relativement courts (20 à 30 mn) pour que tous puissent bénéficier de cela dans un espace-temps raisonnable (à l’échelle d’une journée ou d’un week-end par exemple). Comme vous pouvez aussi, proposer ce temps pour une ou deux personnes chaque semaine afin que la durée totale soit moins longue.

· Témoigner ce que l’on aime chez l’autre, est un exercice très puissant de reconnaissance, de justesse et de soutien. Pour le faire, nous vous invitons à vous mettre en cercle dans une pièce ou dehors si le temps le permet, sachant que si vous êtes assis à même le sol, il n’y aura pas de chaise et de table qui feront obstruction entre vous ; ce qui amènera une meilleure qualité de lien. Vous choisissez la première personne qui va recevoir ces dons de mots de la part de chacun. Cette personne se place au milieu (les yeux ouverts ou fermés selon ce qui est le plus agréable et juste pour elle) et se prépare à pleinement recevoir. Quoiqu’il advienne, elle accueillera en total silence (pas de mot, pas de merci, pas de justification). Les autres, tour à tour, sans ordre à suivre, vont exprimer ce qu’il aime chez la personne au milieu du cercle.

Le temps global d’accueil pour la personne qui est au centre est d’environ 10 mn. Ce temps permettra de recevoir assez sans que cela soit trop.

Ceux qui vont témoigner de ce qu’ils aiment vont le faire avec ce début de phrase : Ce que j’aime en toi, … Puis ils vont expriment l’objet de ce qu’ils aiment. Ex : Ce que j’aime en toi, c’est te voir sourire quandtu humes le parfum d’une fleur ; ce que j’aime en toi, c’est ta présence à tes frères et tes sœurs lorsqu’ils te sollicitent ; ce que j’aime en toi, c’est l’odeur de ta peau…

A la fin de ces 10 mn, la personne qui a reçu, remercie chacun de ses généreux donateurs par un regard et peut-être une inclinaison de tête ou un sourire. Elle ressent alors combien elle est riche de tout cela et tout ce qui vit en elle. Puis elle laisse sa place au suivant, jusqu’à ce que chacun soit passé.

Une fois le tour fini et que chacun à reçu, la mère invite chacun à se remercier pour ce qu’il a offert avant de se lever et reprendre ses activités.

Sentir au travers des heures qui vont suivre tout ce qui s’anime en vous.

Cet exercice cultive une hormone des plus précieuse nommée Ocytocine dont les propriétés sont très puissantes pour le corps (on l’appelle hormone de l’amour) qui apporte un état de bien-être sans générer une accoutumance à l’action qui l’a déclenchée (comme les endorphines par exemple).

 

Ces trois exercices pratiques permettent de laisser parler le vivant, d’apprendre un peu plus de soi grâce à l’autre et de découvrir un peu plus l’autre. Ces approches sont des voies qui conduisent une famille à devenir une tribu où chacun est un membre du clan, vu, reconnu, entendu, apprécié et aimé pour qui il est. Cela ouvre aussi une voie à se dire et à s’entendre plutôt qu’à interpréter et à se juger. Jouer avec son énergie intérieure est une véritable source de joie qui, de plus, est contagieuse, car dès qu’une personne est un peu plus elle-même, elle encourage et parfois même autorise tous ceux qui l’entourent à être aussi eux-mêmes.

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