Etre à l’écoute en temps réel

On novembre 13, 2013 by Fabien et Maitie

Horloges molles

Nous passons beaucoup d’énergie dans notre quotidien à récupérer les distorsions induites par nos comportements réflexes. Nous en dépensons encore plus à essayer de ne pas nous faire embarquer par ces réactions qui nous emportent. Pourtant notre corps nous indique ce qui est juste pour nous : comment être à l’écoute en temps réel de ce qu’il nous raconte? 

 

 

Anecdote

 » Annah s’attendait à ce que Jean-Pierre soit disponible en rentrant du travail. Elle avait préparé le dîner et se réjouissait de passer un temps avec lui.oeuf-coeur

Lorsqu’il arrive, elle va joyeusement à sa rencontre. Il a l’air soucieux et l’embrasse en étant visiblement dans ses pensées. Annah prend sur elle et dit d’un air enjoué: « J’ai préparé le dîner ».

– J’ai un coup de fil à donner, lui répond-il. Ce ne sera pas long ».

Annah, légèrement contrariée, met le gratin à réchauffer, allume des bougies … s’occupe, patiente, s’impatiente.

Jean-Pierre arrive au bout de 20 minutes. Il vient vers Annah et la prend dans ses bras, mais elle se rétracte. Il prend sur lui et s’exclame joyeusement : « Waouh ! quelle belle table ! C’est la fête ? »

–  Non, j’avais juste envie de passer une bonne soirée avec toi, mais t’es jamais dispo ! Et puis ça va être trop cuit… »

–  J’suis désolée, mais j’avais besoin de régler ce problème. C’est pas pour un coup de fil… rétorque Jean-Pierre

–  Mais tu ne te rends pas compte, ça fait 20 minutes que j’attends. Tu m’as même pas demandé si ça allait… »

Le ton monte, cela tourne au vinaigre et le repas en amoureux tombe à l’eau.

 

Clé : écouter ce qui frotte !

C’est plus facile d’endiguer une rivière à sa source qu’à son embouchure !

C’est la même chose pour nos processus.

Nous avons vu dans l’article « le corps ne ment pas«   que notre corps physique s’exprimait au présent et de manière extrêmement juste. Il nous indique donc instantanément lorsqu’un espace de nous-même n’est pas respecté et que nous ressentons une frustration. Le corps nous donne un signal : c’est comme si nous étions en voiture et que quelque chose frotte la carrosserie entraînant une légère rayure sur une aile.

Dans notre voiture, nous percevons immédiatement le fait d’avoir été touché. Le réflexe est souvent d’arrêter la voiture pour se rendre compte de l’étendue des dégâts. Pourquoi ne le faisons-nous pas avec notre véhicule corporel ?

Si Annah avait relevé ce que son corps lui disait à l’arrivée de Jean-Pierre, elle aurait pu choisir son action plutôt que de se laisser embarquer par sa réaction (prendre sur elle).

 

Analysons les choses :

Annah était dans l’attente que Jean-Pierre soit disponible à elle en arrivant: elle attend un signe de reconnaissance positif qui lui confirmerait qu’elle existe. Sauf, qu’elle n’en avait pas conscience et donc, elle ne l’avait pas posé.

Ne se sentant pas reconnue, elle ressent une frustration et s’en accommode en prenant sur elle sans y prêter attention.

Cette frustration non écoutée, se cristallise quelque part et aspire l’énergie à elle. Si bien qu’elle devient le point central d’un tourbillon d’énergie qui augmente. Le mental d’Annah se met en route en se racontant des histoires cherchant dans le passé des éléments qui corrobore sa croyance de ne pas exister aux yeux de Jean-Pierre. Ce tourbillon appelle des manifestations extérieures qui donnent raison au point central et justifient l’histoire que raconte le mental : le coup de fil dure 20 minutes, Annah se coupe de l’accès à Jean-Pierre lorsqu’il est disponible…

coeur-onde

Il en est de même pour Jean-Pierre, qui n’a pas perçu la sonnette d’alarme lancée inconsciemment par Annah avec sa phrase « j’ai préparé le dîner », de même qu’il n’entend pas sa propre frustration lorsqu’il va vers elle et qu’elle se rétracte. Cela crée en lui le point central de son propre tourbillon.

Chacun se laisse embarquer par son tourbillon ce qui crée un champ électrique explosif qu’il est extrêmement difficile de maîtriser.

 

Nous connaissons tous ce phénomène. Mais, que peut-on faire ?

  1. Percevoir quand on frotte : cela revient à écouter nos sensations
  2. Prendre en considération ce qui a frotté à l’intérieur de nous. Cela revient à arrêter la voiture pour regarder la rayure
  3. Déterminer la conduite à tenir la plus adaptée : faire un constat, en rester là …

Ainsi, on considère la zone qui a frotté, donc la zone où s’exprime la frustration et on l’accueille : elle n’a donc plus besoin d’attirer notre attention en aspirant l’énergie à elle. Nous pouvons donc continuer notre chemin en tenant compte de cette donnée.

 

 

Outil pratique pour le quotidien

Pour percevoir ce qui frotte je vous invite à repérer votre propre signal

Pour cela :

  • écoutez votre respiration et posez-vous tranquillement là où vous êtes, fermez les yeux : c’est comment dans votre corps ?
  • laissez venir le souvenir d’une situation qui vous contrarie et observez ce qui change dans votre corps : ce qui vous contrarie vient impacter à quel endroit ?

 

 

Comment qualifieriez-vous l’impact : quel son, quel saveur, quelle sensation, quelle image ? Il suffit que vous répondiez à une de ses questions.

  • Qu’est-ce que cela crée ensuite en vous ?  Est-ce que vous vous fermez ou que votre mental s’emballe ou que vous accélérez vos gestes ou que vous cherchez à argumenter, à vous justifier…

 

Vous avez ainsi deux repères :

  • celui qui se crée au moment de l’impact et qu’il n’est pas toujours aisé de repérer en instantané
  • celui de votre tourbillon qui se met en marche et qu’il est plus aisé de repérer car il s’installe sur la durée tout en s’intensifiant.

Donc si vous n’avez pas repéré le premier, repérez le deuxième et agissez en stoppant le processus.

 

Pour stopper le processus, vous pouvez utiliser la phrase magique qui vous permet de revenir au point zéro ou point d’harmonie :
« je commande, j’accueille et j’intègre d’être au point zéro même si je ne sais pas comment«  en respirant cette phrase dans toutes les zones de votre corps. Vous pouvez alors considérer ce qui se joue sans être embarqué par vos émotions: vous ne nourrissez plus votre tourbillon.

Pour prendre en considération ce qui a frotté, vous pouvez utiliser les 3 questions du Processus F & M : Ce qui réagit est où dans mon corps ? C’est comme quoi ? De quoi cette zone a-t-elle besoin pour se transformer en quelque chose d’agréable ? Vous le lui apportez en imaginaire. Qu’est-ce que cela change en vous ? Et qu’est-ce que cela permet de changer dans votre comportement dans la situation initiale (par exemple : vous affirmer, exprimer ce que vous ressentez, dire « non », accueillir l’autre dans sa problématique, lâcher votre croyance limitante, faire une demande claire…)?

Ainsi, vous apprendrez à repérer l’impact de plus en plus tôt, vous saurez de plus en plus facilement débrayer le processus qui vous embarque en vous mettant au point zéro et vous pourrez ainsi changer de comportement comme si vous changiez d’aiguillage.

 

Faites-nous part de vos remarques dans les commentaires en dessous de cet article, pour que nous puissions vous aider au  plus juste, en vous donnant des astuces dont vous auriez le plus besoin en ce moment. 

 

Résultats du concours de fables

Comme annoncé il y a quelques semaines lors de notre mini-concours de fable, nous avons procédé aujourd’hui à la sélection des fables qui nous ont été envoyées et nous avons une gagnante : Karen pour sa fable de la Famille Koala.

Encore félicitations à toi et comme convenu, tu gagnes le fait que ta fable va être mise en ligne dès demain et nous invitions un maximum de nos lecteurs et lectrices à te laisser un commentaire pour ton beau travail.

De même, nous te contacterons prochainement pour caler avec toi la séance de coaching que tu as gagnée !

FELICITATIONS à tous pour vos actions et au prochain concours…

 

Amusons-nous maintenant avec notre petite fable de la semaine…

Fable: Le Renard et le Sanglier

Compère Le Renard observait intrigué

sanglierLe manège insensé d’un Sanglier furieux

Se roulant dans la boue en soupirs incessants

Se frottant tant et plus au tronc de tous les arbres

Recommençant son cirque avec plus de colère

« Mais que fais-tu dont là, pachyderme en courroux

Cherches-tu à repeindre ainsi notre forêt ? »

Questionna le compère, mi-moqueur mi-surpris

« C’est que je n’en puis plus, haleta Sanglier

Les puces m’envahissent et je ne sais que faire

Pour apaiser le feu qu’elles attisent sur ma peau.

Mais je me rends bien compte que plus je réagis

En frottant à tout va et plus cela me brûle »

–       Et si, plutôt que de chasser ce qui te parasite

Tu usais de malice tout en te régalant ? »

–       Qu’entends-tu donc par là ? demanda Sanglier

–       Dès que je sens les puces envahir mon pelage

Plutôt que de gratter, je vais à la rivièrerenard

Je m’immerge en douceur pour leur laisser le temps

De migrer vers le haut, car l’eau les insupporte

Si bien qu’elles se retrouvent sur le bout de ma truffe

D’un coup de langue rapide, j’avale tout le monde.

Je suis vierge de puce et me suis régalé ! »

Etonné sanglier, usa du stratagème

Il prit plaisir alors à se frotter par jeu

Tout le temps qu’il passait avant à se gratter

Devenant un espace de belle liberté.

 

Morale

Si dès le premier signe on endigue les flots,

On joue avec les eaux au lieu de s’y noyer.

 

 

 

 

 

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