Comment vivre avec les enfants de l’autre ?

On mai 30, 2013 by Fabien et Maitie

Lorsqu’on vit sous le même toit, la relation avec les enfants de son (sa) partenaire n’est pas toujours facile et génère souvent des tensions au sein du couple. Alors comment vivre avec les enfants de l’autre ? Quelles limites poser ? Quelle autorité avoir ? Comment ne pas remplacer le parent absent ? Y a-t-il des règles pour mieux vivre avec les enfants de l’autre ?

 Voyons au travers de cette fable, quelques pistes pour vivre avec les enfants de l’autre.

 

FABLE – Dame Suricate et Sieur Marsupilami

Marsupilami FamilleDame Suricate,

joyeusement installée

dans le nid bien douillet des Marsupilamis,

cherchait tout doucement à y creuser son lit

sans pourtant déranger ce qui avait sa place.

Bien que le Marsupilami l’accueillait bras ouverts,

elle s’activait sans bruit,

tentant, bon an mal an,

de maintenir le lien avec ses trois petits.

Les deux autres lurons,

forts de houbas, cabrioles et tours de passe

lui semblaient turbulents et bien mal éduqués.

Mais elle n’osait rien dire, n’étant pas dans son nid.

Son cœur s’alourdissait un peu plus chaque jour

et l’orage grondait dans son fort intérieur.

Elle se renfermait, se sentant mal aimée

et pourtant en silence jamais rien n’exprimait.

Le nid perdait sa joie ;

les petits s’éloignaient avec leur brouhaha.

petits marsupilamis

 

Elle se sentait bien seule avec son Marsupilami la regardant penaud :

« qu’as-tu ma belle aimée ? »

« Mais rien !» camouflait-elle en un sourire

qui n’en disait pas moins la détresse en son cœur.

« Je tiens à vous, ma Dame Suricate, ainsi qu’à vos petits.

Dans mon nid prenez place

afin que sous vos pattes il devienne le nôtre.

Changez tout s’il le faut,

mes petits ont besoin que vous posiez vos marques,

ainsi auprès de nous vous aurez juste place ».

Etonnée Suricate, se prit à refuser tant d’honneur et de grâce.

Savait-elle seulement ce qui lui conviendrait ?

De peur de se montrer, elle préférait subir…

Mais un petit « et si » malicieux bien caché,

lui souffla à l’oreille comme si de rien n’était :

« et si tout simplement, tu assumais ta place

et en prenais, de fait, responsabilité ? »

images-3

Elle se dressa bien droite,

arborant un sourire qui envahit son être.

Elle tendit une patte que Marsupilami accueillit tendrement.

Il héla les petits et c’est, royalement,

qu’il invita la Dame à adapter leur nid.

 

Peu importe d’être mère, il convient à chacune d’être Reine en son nid.

 

 

 

Clé – Famille recomposée : place du beau-père et de la belle-mère

La belle-mère est responsable du respect des règles dans sa maison.

Le beau-père est responsable du respect des lois pour ceux qui logent sous son toit.

Bien souvent, dans les familles recomposées, la place du beau-père et de la belle-mère est assez délicat. En effet, le « parent » (plus ou moins adopté) ne sait pas trop comment se positionner face aux enfants de son conjoint ou de sa conjointe. Ce qui peut alors rendre difficile de vivre avec les enfants de l’autre.

Pour simplifier les choses, nous prendrons le cas d’une famille recomposée dans laquelle le père Gérard a un fils Thomas et vit avec une nouvelle compagne Patricia qui n’a pas d’enfant. Libre à vous de transposer ce qui suit dans toutes les déclinaisons possibles.

Dans ce cas, Patricia se trouve en portafaux entre une position de mère qu’elle ne peut pas prendre puisque l’enfant est en contact avec sa propre mère,  une position de compagne du père de l’enfant et sa propre position de femme.

Soucieuse d’être accueillie par Thomas et qu’il se sente accueilli par elle, elle rechigne à faire preuve d’autorité. Demandant alors à Gérard de se positionner dans des situations qui ne le concernent pas directement. Par exemple, elle n’est pas en accord avec le fait que Thomas se lève de table avant la fin du repas alors que cela ne perturbe pas Gérard. Le père ne pourrait intervenir en justesse qu’en soutenant le positionnement de Patricia, du style « Thomas, je te demande de respecter ce que te demande Patricia ». Mais si cette dernière n’exprime rien à l’enfant, quoi que Gérard dise, il ne sera pas entendu par l’enfant. Le corps ne mentant pas, Thomas sait que son attitude ne dérange pas son père même si celui-ci tente d’affirmer le contraire à la demande de Patricia.

Pour que la situation soit cohérente, Patricia a le choix entre :

  • exprimer clairement sa demande à Thomas et poser ainsi ses règles même si elle n’est pas la mère de l’enfant
  • accueillir le positionnement de Gérard, à savoir expérimenter ce que cela fait de ne pas s’attacher à ce principe de rester à table et voir en quoi cela la perturbe et de quoi elle a besoin pour que cela ne la perturbe pas.

 

Dans toutes les autres possibilités, à notre connaissance, quelqu’un ne se respecte pas :

  • Patricia si elle ne dit rien et prend sur elle pour accepter la situation
  • Gérard s’il répond à la demande de Patricia en prenant en charge cette problématique qui n’est pas la sienne

Ceci est un exemple parmi tant d’autres.

 

Les outils pratiques – Gardienne des règles, Gardien de la loi

Bastet

La gardienne des règles

Qu’elle soit, mère, belle-mère, grand-mère ou simplement femme (ou à défaut la personne qui la représente), la femme est la gardienne des règles de sa maison. Tout lieu de vie comporte des règles qui lui sont propres en lien avec la maîtresse des lieux. C’est à elle, quelque soit son statut de poser ses règles et de faire ce qu’il convient pour qu’elles soient  comprises et respectées. La femme est garante du cadre intérieur de la maison, comme notre féminin est garant du cadre intérieur de notre corps. La femme qui laisse bafouer ses règles ne se respecte pas, sauf si ses règles répondent davantage à une image sociétale, à un schéma familial ou autre, qu’à un réel besoin de celle qui les pose.

 

 

 

Comment procéder ?

  • pour la femme
    1. avoir conscience des règles de son lieu d’habitation. Elle peut même les lister
    2. vérifier si ces règles sont les siennes. Pour cela, elle les prend une par une en répondant à la question : qu’est-ce que cela me fait si elle n’est pas respectée ? Si, en écoutant en elle, elle se rend compte que cela ne la gêne pas, mais qu’elle la pose par peur du regard de l’autre, c’est que ce n’est pas sa propre règle. Si elle la pose, elle ne pourra pas la faire respecter.
    3. Exprimer clairement ses règles de la manière qui lui semble la plus adaptée
    4. Voir de quoi elle a besoin pour les faire respecter
    5. Les ajuster au besoin avec le temps
  • pour l’homme
    1. respecter les règles posées par la femme, même si elles ne lui appartiennent pas
    2. les discuter si nécessaire avec sa compagne en dehors de la présence des enfants afin de vérifier la justesse des règles avec lesquelles il n’est pas en accord. En vérifier la justesse, n’entraîne pas le fait qu’il les adopte, ni qu’il amène sa compagne à les lâcher (ce qui revient à de la manipulation dans un cas comme dans l’autre). Cela revient à s’assurer de la cohérence de la femme vis à vis de ses propres règles. Pour cela, il peut utiliser la question : « en quoi est-ce important pour toi ? » jusqu’à ce qu’il saisisse le sens de cette règle pour sa compagne même si cela n’a aucun sens pour lui.
    3. soutenir la femme dans son positionnement face à l’enfant : du style « écoute ce que Patricia vient de dire, c’est important pour moi que tu la respectes ». Il ne demande pas à l’enfant de respecter la règle mais la femme.

Heimdall

Le gardien des lois

Qu’il soit père, beau-père, grand-père ou simplement homme (ou à défaut la personne qui le représente), l’homme est le gardien des lois qui cadrent le monde à l’extérieur de son lieu d’habitation. Il ne pourra faire valoir que les lois qu’il accueille, même si, pour lui, elles sont inacceptables.

 

La procédure sera la même en inversant simplement la place de l’homme et de la femme. L’homme ira à la rencontre des lois qui ne sont pas les siennes et cherchera en quoi elles sont importantes pour lui et éventuellement quelle en est son interprétation.

 

  • Accueillir l’absent(e) pour habiter sa propre place. Si Patricia n’accueille pas la mère de Thomas, même si elle a des choses à lui reprocher, elle ne pourra pas être à la place qui est la sienne. Inconsciemment, elle cherchera à se substituer à la mère de Thomas pour réparer ce que celle-ci ne fait pas (selon l’interprétation de Patricia).  Comme le corps ne ment pas,  Thomas le sentira et aura tendance à rejeter Patricia. Il lui exprime à sa manière qu’elle n’est pas dans la justesse et cherche à se substituer à sa mère. Si Patricia est en paix intérieurement avec la mère de Thomas, même si elle ne cautionne pas son comportement, la place qu’elle occupe auprès de l’enfant est  claire. Il le lui signifie en l’accueillant simplement.

(nous verrons dans une prochaine fable qu’il est possible d’accueillir ce qui est inacceptable).

 

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